Vous trouverez sur cette page quelques infos, une analyse de son oeuvre mais le net recèle des milliers de pages qui entendent rendre hommage au maître et le font photos de sa maison, ou de sa tombe à l'appui. Il existe aussi des biographies du maître. Mais je pense que le mieux est de se plonger dans son oeuvre pour mieux appréhender sa pensée, ses noirceurs et sa solitude.
Question lecture, je vous recommande en particulier La couleur tombée du Ciel (DENOEL) Par delà le mur du sommeil . Mais si vous voulez vraiment tout lire de HPL, il n'y a qu'une solution la collection Bouquins ^-^
HP LOVECRAFT : d'une enfance pathogène au Cauchemar d'Innsmouth...
Comprendre l'oeuvre de HPL, c'est se plonger dans une enfance solitaire et perturbée. Perturbée par la vision de deux parents atteints de syphilis et qui à la fin de leur vie souffrent de troubles mentaux. Solitaire car le père de Lovecraft meurt dans un asile alors que son fils n'a que huit ans. Dans sa petite enfance, Howard Phillips est élevé par la poétesse Louise Imogen Guiney, une amie de sa mère. Dès l'âge de six ans, le jeune Lovecraft écrit des poèmes d'influence grecque et latine, puis des essais médiocres où transparaît un hyper-conservatisme typique de l'époque, teinté parfois de xénophobie . Rappelons juste pour mieux cerner cet état d'esprit qu'à la veille de la première guerre mondiale, le Ku Klux Klan est à son apogée aux USA et que le racisme a tendance à se banaliser dans ce pays. Cependant, il convient de signaler que HPL a beau être xénophobe comme certains de ses contemporains, (certains de ses écrits laissent transparaître cette haine), il compte des auteurs juifs parmi ses amis.
De retour à Providence, HPL se plonge dans la lecture des ouvrages que recèle la bibliothèque familiale. Il s'intéresse surtout à l'astronomie, laquelle demeure très présente dans son oeuvre. A titre anecdotique, signalons qu'il écrit des articles ayant trait à ce sujet pour le journal local. Sa culture livresque est vaste, qu'elle concerne l'art ou l'histoire de l'art principalement .
Les maîtres du fantastique le fascinent (POE, BLACKWOOD, CHAMBERS).
Mais des raisons de santé l'obligent à arrêter ses études avant l'université. Dès lors, Lovecraft s'inscrit en 1914 à l'United Amateur Press où il se forge un réseau de correspondants parmi lesquels on retrouve Clark Ashton Smith, Robert Bloch (l'auteur futur de Psychose) avec lequel il entamera un jeu de private joke (blague privée). En effet dans l'une de ses nouvelles Le Tueur Stellaire, Bloch met en scène la mort de HPL. Celui-ci lui répond dans celui qui hantait les ténèbres et ainsi de suite.
Il est vrai que l'oeuvre de HPL est indissociable du pulp ou fanzine, édition amateur à destination d'un public populaire. D'ailleurs sa première nouvelle ou short story paraît dans le numéro 1 de Weird Tales. Il s'agit de Dagon. 1923, c'est aussi l'époque où HPL se rend à New York et fréquente le Kalem Club, un cercle d'amateurs de fantastique. Il rencontre Sonia Green qui devient son épouse. Hélas leur mariage est un échec retentissant tout comme ses recherches de travail. HPL sera successivement nègre de Houdini (le magicien) et à la veille de sa mort on le retrouverait veilleur de nuit dans un cinéma.
HPL retourne à Providence où il se consacre pleinement à l'écriture. Il vit en reclus entouré d'une multitude de chats, partage la maison avec ses tantes. Des voyages multiples le conduisent dans des lieux historiques lesquels sous sa plume se transforment en les villes d'Innsmouth et d'Arkham. De son vivant, une seule nouvelle sera éditée : le cauchemar d'Innsmouth. Et encore parce qu'un admirateur le fait à compte d'auteur...
Le 15 mars 1937, HPL meurt d'un cancer de l'intestin probablement causé par un régime alimentaire des plus pauvres : il avait 46 ans.
Mais comment son oeuvre a-t-elle survécu ?
On peut parler de Lovecraftmosphère. Bien qu'il écrive pour les pulps, HPL fait preuve d'une grande culture. Sous sa plume, les termes d'impie, de cyclopéen, et de blasphématoire prennent corps. Le vocabulaire très fouillé, les tournures de phrases compliquées peuvent déboussoler. Mais elles sont son empreinte. Lentement, Lovecraft instille la note de terreur qui fait basculer le lecteur dans un monde d'horreurs sans nom ou d'ignominies que l'on évoque à mots couverts. Ses personnages souvent savants, profondément humains en tout cas se trouvent confrontés à l'indicible, des créatures ancestrales issues de la nuit des temps et désireuses de reprendre sur l'humanité l'emprise qu'elles exerçaient autrefois. Au coeur de la mythologie Lovecraftienne, on trouve des livres maudits, le Necronomicon, le culte des Goules, point de départ de la déchéance des personnages, mais aussi et surtout un panthéon d'entités démoniaques Chthulhu qui sommeillent dans la cité engloutie de R'lyeh. Pour Lovecraft, l'homme n'est que dérision devant ces êtres impies. Les bribes de connaissance amassées ne lui sont souvent d'aucune utilité. Toutefois, on remarquera que ce sont le plus souvent les passions humaines qui perdent les héros (cupidité, bravade envers les vieilles légendes...)
Aujourd'hui encore, HPL continue de fasciner des générations de lecteurs. Ceux-ci trouvent dans son oeuvre un poison violent, une essence non diluée comme celle que l'on découvre au fil des pages d'un roman. De nombreux auteurs se réclament de Lovecraft (Brian Lumley, Ramsay Campbell ont débuté leur carrière avec des écrits lovecraftiens...) .
Signalons enfin pour conclure cette page que le film l'antre de la folie de John Carpenter est un hommage au maître de Providence.
Retour architecture de l'angoisse.